Hélène Cixous © Sophie Bassouls Bridgeman Images

Le Prix 2021 de la Bibliothèque Nationale de France (BnF) a été décerné en octobre dernier à Hélène Cixous. Ecrivaine, dramaturge, philosophe, poète, angliciste, féministe, Hélène est née en 1937 à Oran. Elle a quitté l’Algérie en 1954 avec sa famille. Agrégée d’anglais en 1959, elle a écrit plus de 70 ouvrages dont L’Exil de James Joyce ou l’art du remplacement (1968), Dedans (prix Médicis 1969), le Rire de la Méduse (1975), Gare d’Osnabrück à Jérusalem (2016) et de nombreuses pièces écrites pour le Théâtre du Soleil.

Evénements en cours ou à venir

Dessin de Gérard Garouste
  • Fascinant Chouchani, par Sandrine Szwarc, le 6 février à l’Institut Elie Wiesel

Ce dimanche 6 février à 17 h, Sandrine Szwarc présente à l’Institut Elie Wiesel son dernier livre Fascinant Chouchani (notre lettre du 14 janvier). Cliquez ici pour vous inscrire.

  • Carte blanche à Ariel Wizman, le 16 février à 20 h à l’IMA
Pinhass Cohen et Bayane Belayachi.

Sous la houlette d’Ariel Wizman (voir son interview de janvier 2021), une soirée musicale et festive pleine de surprises, qui réunira Pinhass Cohen, icône de la musique juive marocaine, Bayane Belayachi, la « Diva de la nouba gharnatie », et un orchestre de six musiciens. Cliquez ici pour vous inscrire.

  • Catherine Sellers, une vie de théâtre, du 1er février au 20 mars à la BnF
Catherine Sellers dans Antigone 1960 © Succession Varda
Catherine Sellers dans l’Amante anglaise, 1997 © Franck Vallet

Née à Paris en 1926 dans une famille juive tunisienne, Catherine Toubiana est réfugiée en Tunisie avec sa mère pendant la guerre mais son père périt à Auschwitz. Sellers est le nom de son premier mari. Elle a été la compagne d’Albert Camus puis a épousé Pierre Tabard. Elle a joué dans de nombreux films et pièces de théâtre, depuis le Dialogue des Carmélites de Georges Bernanos (1952) ou Antigone de Jean Anouilh (1961) jusqu’à l’Amante anglaise de Marguerite Duras (1998). Elle est morte en 2014.

BnF Galerie des Donateurs, tlj sauf lundi. Cliquez ici pour plus de détails.

  • Exposition Olivier Dassault prolongée jusqu’au 14 février.
Couloirs_du_Temps par Olivier Dassault

Malheureusement décédé l’année dernière dans un accident d’hélicoptère, Olivier Dassault était non seulement un grand photographe, comme le montre cette exposition organisée par son épouse Natacha dans sa galerie NAG (Not a gallery !), mais aussi chef d’entreprise, homme politique, ingénieur et pilote. Il était fils de Serge Dassault et petit-fils de Marcel Dassault, dont les parents étaient Adolphe Bloch et Noémie Allatini. Une exposition a été consacrée à la famille Allatini au printemps 2019 à Salonique. Cliquez ici pour plus de détails.

NAG, 104 av Raymond Poincaré, Paris, du mardi au vendredi de 11 h à 18 h.

  • Mirkine par Mirkine, photographes de cinéma, musée Masséna (Nice), jusqu’au 15 mai

Né en 1910 à Kiev et mort en 1982 à St Paul de Vence, Léo Mirkine fuit la Russie avec sa famille en 1919 et étudie les Beaux-Arts et l’architecture à Paris dans les années 30. Devenu photographe du 7ème art, il a, avec son fils Siki, qui l’aide dès 1952 puis prend sa suite, contribué à des dizaines de longs métrages, de Mistinguett à Bardot, de Brasseur à Belmondo, d’Abel Gance à Vadim, comme photographe de plateau de Le Chanois, Pagnol, Carné ou Clouzot, portraitiste favori de Madeleine Sologne, Bernard Blier ou Michèle Morgan. On doit aux Mirkine des grands classiques comme Et Dieu créa la femme, Les Diaboliques, Le testament d’Orphée, Fanfan la Tulipe, Chair de Poule, Le comte de Monte Cristo

Cliquez ici pour plus de détails.

  • L’origine des juifs du Yémen, par David Bensoussan
L’origine des juifs du Yémen par David Bensoussan

Nous avons mentionné la semaine dernière une conférence de Harif le 1er février sur les juifs du Yemen. Ceux qui sont intéressés pourront écouter une conférence de 14 minutes en anglais sur ce sujet par David Bensoussan.

Né en 1947 à Essaouira, David Bensoussan, ancien président de la Communauté séfarade unifiée du Québec, est docteur en électronique de McGill. Il a publié de nombreux ouvrages de sciences et plusieurs volumes littéraires. Plus de détails dans notre lettre du 23 juillet 2021. Voir aussi son site www.editionsdulys.ca .

Nouvelles lectures

  • Athènes 403, par Vincent Azoulay

À la fin du Ve siècle avant notre ère, la guerre du Péloponnèse aboutit à la défaite d’Athènes. À partir du destin de dix personnages singuliers, ce livre aborde l’événement sous un angle inédit. S’inspirant du modèle du chœur antique, il entend proposer une description renouvelée de la société athénienne, à rebours des classifications figées dissociant citoyens, métèques et esclaves. Par sa brutalité, la guerre civile fait en effet émerger des collectifs multiples et mouvants, organisés autour de figures clés tels Socrate ou Critias. En scrutant ces choeurs, l’enquête dévoile les hiérarchies et les tensions qui les traversent, mais surtout les pratiques et les émotions qui les soudent. Cette histoire chorale s’interroge en définitive sur la façon de « faire société » : par quels processus une communauté en vient-elle à se déchirer, voire à se désintégrer, puis à se refonder ? Une réflexion qui fait écho à notre présent tourmenté.

Flammarion, 2020, 464 p.

  • Mathematica, une aventure au cœur de nous-mêmes, par David Bessis

Contre les idées reçues qui en font une discipline élitiste, intimidante et abstraite, David Bessis montre que les mathématiques sont humaines et à la portée de tous ; il présente ici une manière sensible et radicalement nouvelle de les aborder. Par des exemples simples et étonnants, il relie son expérience mathématique aux grands apprentissages de la vie : observer, parler, marcher, voire manger avec une cuillère. Comprendre les mathématiques, c’est voir et sentir, c’est parcourir un chemin secret qui ramène à notre plasticité mentale enfantine.

Né en 1971, David Bessis est normalien (Ulm). Il a été professeur assistant à Yale puis chercheur au CNRS. Il a créé en 2010 Tinyclues, start up spécialisée en intelligence artificielle. Avant Mathematica, il a écrit Sprats, roman tragi-comique et suspense médical sur la condition humaine (2005) et Ars grammatica, atlas sentimental, poétique et graphique (2006).

Editions du Seuil, 2022, 368 p.

  • Toulouse, 19 mars 2012, par Jonathan Chetrit

A l’heure où les élèves arrivent en cours, un motard casqué fait irruption dans la cour du collège Ozar Hatorah et sème la mort, tuant à bout portant un enseignant, Jonathan Sandler, et trois jeunes enfants : Arié (5 ans) et Gabriel Sandler (3 ans) et Myriam Monsonégo (9 ans), la fille du directeur. Ce crime a initié la série d’attentats islamistes qui ont endeuillé le pays de 2012 à 2015. Son traitement médiatique s’est focalisé sur la personnalité et la famille du tueur, Mohamed Merah. Les victimes ont certes suscité la compassion, mais on n’a peut-être pas pris la pleine mesure de l’inhumanité que représente cet événement – pour la première fois en France depuis l’Occupation on a tué de sang-froid des juifs uniquement parce qu’ils sont juifs.

Jonathan Chetrit qui, en tant qu’élève interne présent sur place, a vécu les meurtres au plus près, a collecté les témoignages de toutes les personnes présentes. Il nous fait entrer dans la réalité brutale de ces instants fatidiques, et de ce qui a suivi pour les survivants : la ruée des journalistes, le deuil impossible, mais aussi la solidarité, la volonté de se battre, jusqu’au procès des complices.

Editions Jouvence, 2021, 224 p

  • Une éclipse, par Raphaël Haroche

Dans ce recueil de douze textes éclatants de maîtrise, avec une grande finesse et un sens de l’absurde comme du tragique, Raphaël explore l’âme humaine dans ses minuscules défauts. Qu’il s’agisse d’un couple qui se défait, d’un enfant à qui on a volé l’insouciance, d’un joueur de tennis ayant abdiqué ses ambitions de jeunesse ou d’une femme invisible aux yeux de la société, tous ses personnages semblent impuissants face aux dégâts du quotidien et du temps qui va. Mais les thèmes les plus graves vont de pair avec une célébration de la nature, du bonheur fugitif de vivre et d’une tendresse cachée parfois là où on ne l’attendait pas.

Plus connu sous son seul prénom, Raphaël Haroche est né en 1975 à Paris d’une mère argentine et d’un père juif d’origine russo-marocain. Il est le neveu de Serge Haroche, prix Nobel de physique 2012. Avant Une éclipse, il a écrit Retourner à la mer (Goncourt de la nouvelle, 2017). Il est le compagnon de la grande actrice Mélanie Thierry, dont on a apprécié la prestation sur Arte dans la série En Thérapie, adaptée de la série israélienne BeTipoul ( בטיפול ) par Olivier Nakache et Eric Toledano. On croit savoir qu’il va sortir un nouveau roman à l’automne…

Gallimard, 2021, 192 p.

Bonne lecture !

Hubert Lévy-Lambert, Président fondateur d’Amussef

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