Encore une riche actualité de livres sur les juifs d’Inde, du Liban, de Salonique, de Shanghaï ou de Tunis et bien d’autres livres passionnants.

Le rabbin de Salonique, par Michèle Kahn

En 1941, les blindés allemands investissent Salonique, jadis surnommée  » la Jérusalem des Balkans « . Deux ans plus tard, 45 000 Juifs, soit 95 % d’entre eux, sont acheminés vers les camps de la mort. Ce roman raconte le dilemme de Zvi Koretz, Grand Rabbin de Salonique, qui avait la charge de veiller au respect des ordres de l’occupant au sein de sa communauté. A-t-il livré les siens aux nazis pour sauver sa peau ou au contraire s’est-il sacrifié en espérant les protéger ? Michèle Kahn réhabilite ce personnage complexe et fascinant, qui sera finalement déporté à Bergen-Belsen et mourra du typhus en juin 1945 à Tröbitz.

Née en 1940 à Nice, journaliste, Michèle Kahn a écrit une centaine d’ouvrages tant pour les jeunes que pour les adultes, dont de nombreux romans historiques très documentés, souvent inspirés par les péripéties du peuple juif, dont le Roman de Séville (prix Alberto Benveniste) et Cacao.

Editions du Rocher, 2010, 283 p

Shanghaï la juive, par Michèle Kahn

L’histoire se passe en 1938 quand 30.000 juifs s’exilent d’Europe vers Shanghai, le seul endroit au monde où l’on peut encore entrer sans visa. Ils croient fuir Hitler et les SS, ils se retrouvent pris au piège d’un ghetto japonais. Parmi eux, Walter Neumann, jeune journaliste, qui tente de se frayer un chemin dans une Shanghaï interlope où la misère côtoie le luxe le plus effréné, où caïds chinois et gangsters philippins font la loi. Avec pour seules armes son intelligence et son charme, Walter traverse les années de guerre. A ses côtés, deux femmes Feng-si la Chinoise et Macha la Russe, les deux amours de sa vie. Puis ce sera Hong Kong, la réussite… Enfin son destin bascule à Macao, à la veille de la restitution de Hong Kong à la Chine en 1997.

Flammarion, 2010 et Le Passage, 2015, 528 p

La société des belles personnes, par Tobie Nathan

Né dans le misérable quartier juif du vieux Caire, Zohar Zohar, l’enfant chéri de ‘Haret el-Yahoud, la ruelle aux Juifs, le jeune homme flamboyant, est expulsé d’Egypte en 1952 et débarque en Europe sans famille, sans ami, sans un sou. Seul l’accompagne le fantôme de Dieter Boehm, son tortionnaire nazi. Zohar fuit un pays à feu et à sang, une société malade à l’image de son roi, Farouk, une société nécrosée par la montée des Frères musulmans, l’infiltration des anciens nazis dans l’armée égyptienne, les pogroms contre les juifs et la rébellion conduite par Nasser. En France, son obsession va se lier à celle d’Aaron, Lucien et Paulette, trio soudé dans l’envie d’en découdre avec le passé qui les hante. Contre les bourreaux de leur passé, un même procédé : deux balles dans la tête.

François, diplomate français, va découvrir l’histoire de son père au moment de son enterrement et comprendra la mystérieuse promesse qu’il avait faite à la Société des Belles Personnes. Il décidera de la poursuivre…

Né en 1948 au Caire et naturalisé français, Tobie Nathan est spécialiste d’’ethnopsychiatrie, professeur émérite de psychologie à l’université Paris-VIII et écrivain. Sa famille a dû quitter le Caire en 1957 à la suite de la révolution égyptienne et de l’expulsion des juifs. Il a écrit de nombreux ouvrages scientifiques dont Sexualité idéologique et névroses (1977) ou L’Étranger ou le Pari de l’autre (2014) et de nombreux romans dont La damnation de Freud (1997), Ethno-roman, autobiographie (Prix Femina essai 2012) ou L’évangile selon Youri (2018).

Editions Stock, 2020, 432 p

Une nuit à Carthage, par Annick Perez

L’histoire commence en 1947 et décrit la vie d’une famille juive à Beausite, près de Tunis, avant l’indépendance. En 1947 Alice Barenti, 15 ans et demi, dite Fliflo, tombe amoureuse du mystérieux Neldo, agent-recruteur du Mossad en Afrique du Nord. Mais il disparait le soir où il devait demander sa main. Alors elle épouse l’ambitieux Paul Samama sans pour autant oublier Neldo.


Mais avec la décolonisation, le paradis de Beausite est perdu. L’exil pousse Alice et les siens vers la France aimée mais inconnue. Seulement son dilemme amoureux entre Neldo et Paul traverse la Méditerranée avec elle et l’accompagnera jusqu’à son dernier souffle.

Née à Tunis,  Annick Perez est peintre, écrivain, scénariste et journaliste. Elle a écrit Celui qui ne fut pas choisi (M. Hagège, 1998), Des yeux trop noirs (M. Hagège, 1999), Je cherche Goldie (Michalon, 2002), Luka (Fayard, 2005) et You’re beautiful (P. Rey, 2007).

Editions Balzac, 2020, 148 p

Baghdadi Jews in India, par Shalva Weil et al

Sous-titré « Maintaining Communities, Negotiating Identities and Creating Super-Diversity », ce livre décrit la différenciation de la communauté juive de Bagdad au fil du temps pendant leur séjour en Inde de la fin du XVIIIe siècle jusqu’à leur dispersion après l’indépendance de l’Inde en 1947. Des chapitres sur les écoles, les institutions et la culture présentent comment les Bagdadis en Inde ont réussi à maintenir leurs communautés en négociant de multiples identités dans une société stratifiée et complexe. Offrant un aperçu complet de cette communauté, les contributions au livre montrent que l’héritage des Juifs de Bagdad vit pour les Indiens d’aujourd’hui à travers des monuments et des monuments à Mumbai, Pune et Kolkata, et pour les Juifs, à travers des souvenirs tissés par les membres de la communauté résidant dans diverses diasporas.

Née à Londres, Shalva Weil est chercheur principal à l’Institut de recherche pour l’innovation dans l’éducation à l’Université Hébraïque de Jérusalem et chercheur au Département d’études bibliques et d’études anciennes à l’Université d’Afrique du Sud. Elle a écrit de nombreux livres, notamment sur les Juifs d’Inde et d’Ethiopie, depuis From Cochin to Israel (1984) ou Ethiopian Jews in the limelight (1997) jusqu’à The Jews of Goa, New Delhi (2020).

Taylor & Francis, 2019, 202 p

Au risque de la vie, par Maryse Wolinski

Ce livre a été écrit juste avant l’ouverture du procès aux assises de l’attentat perpétré contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. Quel est l’impact de la violence de cet attentat sur la vie de ceux qui restent meurtris ? Maryse Wolinski raconte sans concessions sa traversée chaotique des cinq dernières années, la douleur de l’absence, l’impossibilité de la résilience et l’irruption de la maladie qui la condamne à un sursis perpétuel. Reste l’espoir de se frayer enfin un chemin vers la paix intérieure et la vraie vie. Mon chagrin est infini, mais je veux être celle qui va…

Née en 1943 à Alger, Maryse Wolinski est journaliste et écrivain. Elle est l’auteur de plusieurs récits et romans dont La Passion d’Edith S. (Seuil, 2014), Chérie, je vais à Charlie (Seuil, 2016) et Le Goût de la belle vie (Seuil, 2017). Elle est la deuxième épouse de Georges Wolinski, né en 1934 à Tunis et assassiné en 2015 à Paris.

Pour la petite histoire, le père de Georges, Siegfried Wolinski, avait été assassiné à Alger en 1936, alors que Georges n’avait que 2 ans. Sa première femme, Jacqueline Saba, est morte d’un accident de voiture en 1966, le laissant avec 2 filles en bas âge, dont Natacha qui vient d’écrire un livre dont nous parlerons la semaine prochaine : Son éclat seul me reste.

Editions du Seuil, 2020, 160 p

Juifs du Liban, par Nagi Georges Zeidan

Sous-titré « D’Abraham à nos jours, histoire d’une communauté disparue », ce livre est une patiente collecte d’informations historiques sur une communauté libanaise qui a été très importante dans le développement du Liban. En 2020, cette ancienne communauté juive était réduite à 29 personnes contre 3500 un siècle auparavant. Le but de ce livre est de sauvegarder les archives perdues, oubliées et ignorées relatives à leur présence historique au Liban, depuis Abraham en passant par Zébulon ou Jésus…

Alors que le monde entier clame son amour et son soutien à Beyrouth après l’explosion du 4 août dernier, les juifs libanais savent très bien ce que signifie être amoureux du Liban et pleurer sur ses calamités interminables. Ils ont quitté le pays avec tristesse et ont fait ce que font tous les Libanais expatriés : sauvegarder la mémoire de ce « paradis perdu » en créant un « Petit Liban » partout où ils vont. Plus de détails sur Arab News

VA Editions, 2020, 310 p

Pourquoi un musée du monde séfarade ?

Vous êtes un des derniers témoins de cette épreuve subie par les communautés séfarades, méditerranéennes et orientales au milieu du siècle dernier ? Ou ce sont vos parents ou grands-parents ou des amis proches qui vous l’ont racontée ? Vous pensez qu’elle doit être connue du grand public et servir d’exemple ? Aidez-nous à la maintenir vivante en nous envoyant de l’argent ou en nous envoyant votre histoire ou en vous impliquant personnellement !

Pour verser votre cotisation, à partir de 50 €,  cliquez !

Votre don ne vous coûtera qu’un tiers, voire un quart si vous êtes à l’IFI

Pour raconter l’histoire de votre famille, cliquez !

Pour vous impliquer personnellement, écrivez-moi.

Toutes les bonnes volontés sont appréciées et particulièrement pour nous aider dans la levée de fonds.

Merci d’avance

 Hubert Lévy-Lambert

Président d’Amussef

LA MEMOIRE VIVE DES COMMUNAUTES JUIVES DU MONDE SEFARADE, MEDITERRANEEN ET ORIENTAL

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