Le trentenaire de Serge Gainsbourg est célébré par des séfarades : les frères Benhamou, Stéphane, réalisateur et Georges-Marc, producteur ont réalisé Gainsbourg, toute une vie, diffusé le 26 février sur la 3 et visible en replay jusqu’au 27 avril. Vous pouvez aussi voir les 2 frères interrogés le 3 mars par Sandrine Swarc sur le site d’Ecuje.

Charles Canetti est polytechnicien (X 67) et mineur. Après avoir travaillé dans différents ministères puis dans des grandes sociétés, il a créé en 2003 la société de conseil de transition Aramis. Issu d’une vieille famille séfarade, il est secrétaire général des Amis de l’Université hébraïque de Jérusalem. Voir son interview.

Après samedi, vient dimanche ! Joseph Yacoub commente dans le Figaro du 5 mars le voyage du pape François en Irak : … Les chrétiens seraient environ 300.000 en Irak aujourd’hui, contre plus d’un million avant 2003 ! Un parallèle avec l’exode forcé des juifs irakiens s’impose… : le Farhoud, pogrom anti-juifs en 1941 (180 morts), l’attentat de la cathédrale de Bagdad en 2010 (50 morts). Voir infra notre recension de son dernier livre « Une diversité menacée« .

Un nouveau musée du peuple juif. Après dix ans de travaux, le musée de la diaspora (beit hatfoutsot), rouvre ses portes à Tel Aviv sous le nom de Musée du peuple juif. Il nous dépeint l’histoire du peuple juif à travers les générations, en mettant en valeur les œuvres créatives et les richesses culturelles de toutes les communautés au fil du temps. Cette histoire parle de nous tous et chacun d’entre nous en fait partie. Visitez-le en attendant de pouvoir visiter le Mussef !

« Les batailles engagées entre la mémoire et l’oubli ne sont jamais terminées… ». Claude Singer, historien, cité par René Arav dans l’avant-propos de son autobiographie (cf infra).

Et nos nouvelles notes de lecture :

Diplomates et espions français, héros oubliés, par René Arav

Préfacé par Alain Pierret, ambassadeur de France en Israël de 1986 à 1991, cette autobiographie rend hommage à 4 diplomates du régime de Vichy, Jules Blondel, ambassadeur, Edgar de Kergariou, ministre plénipotentiaire, Charles Colonna-Césari, consul et Henri Roux, conseiller, qui, au péril de leur vie, ont aidé, protégé et sauvé de l’enfer nazi de nombreuses vies dont celles de la famille Arav. Ces diplomates discrets ont permis de sauver des vies au cours de l’année 1943, époque la plus sombre de la Bulgarie, alors tombée aux mains des nazis. Leur devise était : « Obéir, c’est trahir ; désobéir, c’est servir. » Plus de détails sur cette histoire peu connue dans le n° 51 de Lettre sepharade sous le titre Le Corps diplomatique à Sofia 1940-1945 

Né en 1928 à Sofia, René Arav, dentiste retraité, descend côté paternel comme maternel d’une longue lignée de séfarades originaires d’Espagne, ayant trouvé refuge à Vienne puis dans l’empire ottoman. Commerçant bulgare, son arrière-grand-père avait obtenu la nationalité française en 1844 ! Son livre a fait l’objet d’une chronique dans Actualitté.com le 24 février 2021.

Diplômé de l’Ecole nationale de la France d’Outre-mer, Alain Pierret a notamment été ambassadeur de France au Niger, en Israël, en Belgique et auprès du Saint-Siège et directeur des Nations Unies et des Organisations internationales au ministère des Affaires étrangères. Il explique sur le blog du Times of Israel du 22 mai 2020 les raisons qui l’ont conduit à préfacer le livre de René Arav, en commençant par «Qu’il s’agisse de ma vie familiale ou de mes activités professionnelles, tout ce qui regarde le peuple juif et ses communautés ne peut me laisser indifférent…». Il a raconté son passage en Israël dans un livre sobrement intitulé : Ambassadeur en Israël (Desclée de Brouwer, 1999). Il en a écrit en novembre 2020 une mise à jour intitulée LA FRANCE ET ISRAËL PALESTINE ET JÉRUSALEM RELATIONS CHAOTIQUES, dans l’introduction de laquelle on peut lire ceci : « Le consulat général [de Jérusalem] ferait une belle résidence ambassadoriale… ». Les « méharistes » du Quai d’Orsay ne l’ont manifestement pas lu !

Les Impliqués, 2019, 174 p.

Une journée dans le cerveau d’Anna, Notre quotidien décrypté par les neurosciences, par Sylvie Chokron

Anna est une jeune citadine active. Du lever au coucher, à chaque étape de sa journée, ce livre nous fait partager son quotidien et découvrir petit à petit que son cerveau est aux commandes. Comment agit-il ? En quoi notre psychologie s’articule avec notre activité cérébrale ? Par quel miracle des réactions chimiques ou électriques peuvent aboutir à des émotions, des pensées, des perceptions ou des actions ? Ce sont toutes ces questions que ce livre vient éclaircir, de façon originale, sensible et concrète. Chaque chapitre est consacré à une notion précise, que l’auteur propose d’approfondir en fin d’ouvrage par la présentation vivante des dernières recherches en neurosciences.

Sylvie Chokron est neuropsychologue, directrice de recherches au CNRS et à l’Université de Paris. En parallèle de son activité de recherche et d’enseignement, elle a développé une activité clinique à la Fondation Ophtalmologique Rothschild consacrée au diagnostic et à la prise en charge des troubles visuels, spatiaux, attentionnels et cognitifs aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte. Elle est chroniqueuse au  Monde ainsi qu’au « Magazine de la Santé » sur France 5 et elle est également l’auteure, entre autres, de Peut-on mesurer l’intelligence ? (2014) et Pourquoi et comment fait-on attention ? (2009). Sylvie a participé à une émission de Michel Cymes et Adriana Karembeu le 2 mars sur France 2 sur le cerveau.

Eyrolles, 2020, 230 p.

Le cancer, le médecin et la funambule, par Alain Toledano

Ce livre est le témoignage du courage d’une femme face à la maladie, et de l’engagement de son médecin totalement dévoué à ses patientes.
La confrontation au cancer du sein est un bouleversement identitaire extrêmement profond pour une femme, qui met en cause toute sa vie, ses certitudes, son identité. Mais ce bouleversement est souvent très tabou pour les patientes, qui ne savent pas à quoi s’attendre ni à qui parler. Or savoir la vérité est indispensable pour rassembler toutes les forces morales qui aideront à traverser les différentes périodes des traitements, interventions, de la reconstruction.
Ce livre, par le dialogue d’une femme au courage exceptionnel, pleine de rage de vivre et d’impertinence, et d’un médecin hors normes qui ne se réfugie pas derrière sa blouse blanche, est une histoire d’amitié, mais aussi un témoignage-vérité, sans fards, sur tous les aspects de la maladie, pour aider les femmes à mieux comprendre ce qui se passe, et comment se protéger et se défendre.

Alain Toledano, né en 1978 aux Lilas, est cancérologue. Il a été nommé à 26 ans chef de clinique des Hôpitaux de Paris. Il exerce aujourd’hui à l’hôpital Hartmann et à l’hôpital américain de Paris. Il a créé l’institut Rafaël, maison de l’après-cancer, à Levallois. Il est Chevalier de l’Ordre national du Mérite. Son interview par le rabbin Didier Kassabi dans Berechit du 28 février est entrecoupée d’un clip sur Maïmonide, dont nous parle ci-dessous un autre docteur Toledano.

Ed. Marabout, 2015, 192 p.

La médecine de Maïmonide, quand l’esprit guérit le corps, par Ariel Toledano

Maïmonide (Cordoue 1138 – Fostat 1204) fait partie de ces rares penseurs du Moyen Age à avoir franchi les siècles en laissant une oeuvre encore très actuelle. Les écrits médicaux de ce philosophe, talmudiste et médecin, puisent dans les sagesses juives, grecques et arabes. Son sens de l’observation, son intérêt pour la clinique, son besoin permanent d’associer expérience pratique et savoir théorique, sa vision de la prévention font de ce grand médecin l’un des précurseurs de la médecine moderne. Il a compilé toute la jurisprudence talmudique, étudié les grands textes de la médecine arabe et grecque, et a passé sa vie à essayer de concilier la pensée d’Aristote avec celle du judaïsme. Ariel Toledano nous propose une biographie intellectuelle et médicale de Maïmonide et nous immerge au sein de ses dix traités médicaux qui reflètent son éthique du soin : une philosophie qui vise à placer l’humain et sa santé dans une unité associant le corps et l’esprit. A l’occasion du 880e anniversaire de la naissance de Maïmonide, cet ouvrage rappelle l’étendue de sa contribution scientifique, la modernité et la part universelle de son oeuvre.


Ariel Toledano est médecin vasculaire. Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages médicaux. Il enseigne l’Histoire de la médecine à l’Université René Descartes (Paris V). Il a écrit de nombreux livres dont un triptyque consacré aux textes de la sagesse juive : La médecine du Talmud (2014), Médecine et Kabbale (2015) et Médecine et Bible (2017).

Editions In Press, 2018, 240 p.

Une diversité menacée. Les chrétiens d’Orient face au nationalisme arabe et à l’islamisme, par Joseph Yacoub

Aujourd’hui, les chrétiens d’Orient sont menacés. Alors que notre monde est fait de diversité ethnique, culturelle, linguistique et religieuse, le Moyen-Orient se vide de cette richesse et se prive d’un apport essentiel pour favoriser la compréhension entre les groupes et les minorités. Mais pourquoi en est-on arrivé là ? Comment cette diversité a-t-elle été gérée, voire malmenée dans le monde arabe ? Que dire d’un tel drame ? À travers des rappels historiques indispensables, Joseph Yacoub cible deux menaces principales. Dans sa volonté d’arabisation à outrance, le nationalisme arabe, fût-il laïcisant, s’est montré par choix idéologique peu respectueux des chrétiens, comme on l’a vu en Syrie et en Irak. À cela s’est ajoutée la montée d’un islam radical et violent, dont les nouvelles formes atteignent l’Occident même. Face à cette tragédie qui rappelle à maints égards le génocide de 1915, qui toucha Assyro-Chaldéens-Syriaques et Arméniens, il s’agit tout à la fois de comprendre et de suggérer quelques pistes concrètes en termes d’alternative pour que survive ce christianisme autochtone et apostolique, fortement enraciné et universel, riche de culture et de modernité. Dans  le Figaro du 5 mars, Yacoub fait un parallèle avec l’exode forcé des juifs d’Irak. Voir plus haut. Voir aussi After Saturday comes Sunday de Susan Adelman dans notre lettre du 22 décembre.


Né en Syrie en 1944, Joseph Yacoub est d’origine assyro-chaldéene. Professeur honoraire à l’Université catholique de Lyon, il y a enseigné les sciences politiques et a été titulaire de la chaire UNESCO « Mémoire, cultures et interculturalité ». Il a publié de nombreux ouvrages et a reçu en 2016, avec son épouse Claire, le prix académique de l’Oeuvre d’Orient pour Oubliés de tous (2015).

Salvator, 2018, 212 p.

Juifs du Liban, d’Abraham à nos jours, histoire d’une communauté disparue, par Nagi Gergi Zeïdan

Ce livre est une patiente collecte d’informations historiques sur une communauté libanaise qui a été très importante dans le développement du Liban et qui a malheureusement disparu au 21e siècle, comme celle de la plupart des pays méditerranéens. En 2020, cette ancienne communauté juive était réduite à 29 personnes contre 3500 un siècle auparavant. Le but de ce livre est de sauvegarder les archives perdues, oubliées et ignorées relatives à leur présence historique au Liban. Le titre du livre fait référence à Abraham car dans la Genèse, Abraham a sauvé son frère à Dan. Cet endroit se trouvait historiquement dans la province de Marjayoun au Sud du Liban. Dans les Évangiles, on lit que Jésus est passé avec sa mère à Sidon où il y avait un quartier juif avec sa synagogue et son cimetière, ce qui conforte, s’il était nécessaire, l’ancienneté de la présence des Juifs au Liban. Ce livre complète utilement The Jews of Lebanon de Kirsten Schulze (2008). Beaucoup de Libanais de la diaspora y retrouveront leurs racines et de nombreux souvenirs inédits. On trouvera une longue interview de l’auteur par Paule-Henriette Lévy dans l’Arche (mars-avril 2021, pp 29-31), qui contient de nombreux articles sur cette communauté dont beaucoup de jeunes libanais sont étonnés d’apprendre qu’elle a existé !

Nagi Gergi Zeïdan est un historien orthodoxe franco-libanais. Il a vécu dans de nombreux pays (Maroc, Égypte…) où il a étudié leurs communautés juives. Depuis 1995, il effectue des recherches sur la communauté juive du Liban et il a recueilli une documentation considérable sur la généalogie des familles juives libanaises. Auteur de nombreux articles sur ce sujet, il est l’un des premiers spécialistes de l’histoire des Juifs du Liban.

VA Editions, 2020, 280 p.

COTISEZ A AMUSSEF !

Le MUSSEF s’est donné comme devoir d’entretenir la mémoire des juifs du monde séfarade, méditerranéen et oriental, exilés au milieu du siècle dernier. Sa raison d’être est de rendre justice à leur histoire et à leur souffrance et d’en faire un exemple universel d’ouverture et de tolérance. Cliquez ici pour plus de détails sur ce magnifique projet.

Adhérez à Amussef ou renouvelez votre adhésion pour 2021. Vous pouvez être membre actif à partir de 50 €. Votre don ne vous coûte qu’un tiers après impôt (un quart si vous êtes à l’IFI). 

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Merci d’avance et bonne santé !

 Hubert Lévy-Lambert, Président d’Amussef

LA MEMOIRE VIVE DES COMMUNAUTES JUIVES DU MONDE SEFARADE, MEDITERRANEEN ET ORIENTAL

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