Albert Bourla à Thessalonique le 12 octobre 2021. Crédit AP PhotoGiannis

Le prix Genesis a été remis le 29 juin à Jérusalem à Albert Bourla, Président de Pfizer. Né en 1961 à Thessalonique de parents rescapés de la Shoah, il n’était pas allé en Israël depuis 1976 ! Le prix Genesis célèbre les réalisations et la contribution des valeurs juives à l’humanité. Les derniers lauréats sont Steven Spielberg (2021) et Natan Sharansky (2020).

Evénements récents

  • Le Pape François accorde une audience à des juifs d’Amérique du Sud
David Gerbi et le Grand rabbin Isaac Sacca devant le Pape François

« Ne restez jamais silencieux face à l’injustice. Pour que le vent change, au contraire, il est essentiel de dénoncer, d’agir, de mobiliser. Travaillez pour un avenir différent. » C’est le message que le Grand rabbin séfarade d’Argentine Isaac Sacca a partagé avec le pape François lors d’une audience privée au Vatican avec des représentants juifs argentins et brésiliens. David Gerbi, président de l’Association pour la Sauvegarde et Transmission de l’Héritage des Juifs de Libye (ASTREL), né en 1955 en Libye, qu’il a dû quitter en 1967, a déploré à cette occasion que les Juifs chassés du monde libyen et arabe n’aient jamais été reconnus comme réfugiés.

Cliquez ici pour plus de détails.

  • La gueniza du Caire, sur Berechit le 26 juin
Ecrit de Maïmonide trouvé dans la Gueniza du Caire

La Gueniza du Caire est un témoin précieux de l’histoire des juifs en Orient. Découverte au début du XIXème siècle, elle révèle ses secrets : des lettres commerciales datant du VIIème siècle, des pages du Talmud, mais aussi des documents prouvant l’arrivée des Juifs fuyant l’Inquisition dans la région. Une découverte inestimable que nous raconte Sonia Fellous. Cliquez ici pour revoir cette émission diffusée sur A2 le 26 juin.

  • Yonathan Arfi élu président du CRIF, le 26 juin
Yonathan Arfi © AFP – ALAIN JOCARD

Yonathan Arfi, HEC 03, l’a emporté sur Ariel Amar pour succéder à Francis Kalifat à la tête du Crif. En tant qu’ancien de la même école, je joins mes félicitations à toutes celles qu’il a déjà reçues. Mon commentaire sur l’absence de candidats ashkenazes n’a pas plu à tous mes lecteurs (cf infra). Je ne commenterai donc pas l’élection de Yaël Braun-Pivet à la présidence de l’Assemblée Nationale…

  • Pourquoi l’Ukraine, par Bernard-Henri Lévy, le 28 juin sur Arte
BHL en Ukraine

BHL a coréalisé avec Marc Roussel un documentaire sur les villes d’Ukraine martyrisées par l’armée russe. Il y explique que cette guerre est notre guerre sur Arte le 28 juin. Cliquez ici pour revoir l’impressionnant témoignage de BHL. Et cliquez ici si vous voulez savoir comment le général de Gaulle recommandait de réagir en 1961 face aux actes d’un lointain prédécesseur de Poutine : « A un certain point de menace de la part d’un impérialisme ambitieux, tout recul a pour effet de surexciter l’agresseur… ».

–        Sonia Fellous, la mémoire de l’exil de Tunisie, le 28 juin sur Radio J

Docteur en sciences des religions, chargée de recherche au CNRS, Sonia Fellous a enseigné à l’INALCO et à l’École doctorale d’histoire des religions (Paris IV-Sorbonne). Elle est spécialisée dans l’histoire de l’art juif et, plus particulièrement, en iconographie biblique antique et médiévale et en herméneutique rabbinique. Cliquez ici pour revoir son interview du 28 juin sur Radio J sur l’histoire des relations judéo-musulmanes en Tunisie, à la lumière du documentaire« du TGM au TGV ».

Evénements en cours ou à venir

–        Exposition sur la Diaspora juive portugaise dans la mairie de Paris Centre, jusqu’au 4 juillet

Dans le cadre du festival des Cultures juives, ne manquez pas cette exposition très pédagogique qui raconte l’histoire des juifs du Portugal de 1492 à nos jours. Sous-titrée Nouveaux-chrétiens, crypto-juifs, marranes, les gens de la « Nation » (XVe-XXIe siècle), l’exposition proposée par les éditions Chandeigne et conçue par Livia Parnes nous mène en 21 panneaux à travers les siècles du Portugal, où ils sont baptisés de force en 1497, à Goa, Ancone et Ferrare, Venise et Livourne, Constantinople, la France, Amsterdam, Hambourg, Londres, le Brésil, les Caraïbes, les Amériques et, depuis le siècle dernier, un timide retour au Portugal.

Mairie de Paris Centre, rue Eugène Spueller, jusqu’au 4 juillet.

Les déplacements des juifs du Portugal à travers les siècles
  • Histoire juive du Maroc par Michaël Sicsu, le 5 juillet à 20 h au CEJ

En partenariat avec la FASF et le CEJ et son président Joël Mergui, cette conférence de Michaël Sicsu vous fera découvrir l’histoire du Maroc juif en 2000 icones.

Cliquez ici pour plus de détails.

  • Hommage à Alber Elbaz, au Musée Galliera jusqu’au 10 juillet

Sous le titre « Love brings love », Galliera rend hommage, avec une exposition au format inédit, au grand couturier Alber Elbaz, mort l’année dernière du Covid. Né à Casablanca en 1961, Alber Elbaz a travaillé chez Guy Laroche, Saint Laurent rive gauche, Lanvin et, tout dernièrement, AZ Factory (Richemont). Il a habillé des personnes aussi différentes que Kim Kardashian ou la souris Minnie ! Plus de détails dans notre lettre du 29 avril 2021.

Musée Galliera, 10 av Pierre Ier de Serbie, de 10h à 18h, de mardi à dimanche, nocturne les jeudis jusqu’à 21h

  • Juifs et musulmans, une histoire partagée, jusqu’au 17 juillet au Musée de l’Immigration

La France est aujourd’hui le pays d’Europe qui compte les populations juives et musulmanes les plus importantes du continent. Une histoire française qui naît dans l’espace colonial du Maghreb et se poursuit en France métropolitaine depuis les années 1960. Cette exposition présente des documents, des œuvres d’art, des objets et des récits. Ils narrent cette histoire et la manière dont l’État français a pris part à cette relation. Après avoir partagé les mêmes langues et la même culture pendant près d’un millénaire, les juifs et les musulmans du Maghreb voient leur destin collectif bouleversé par la colonisation française. Rapprochement au sein d’une même communauté de destin ou séparation selon différentes lignes de fracture, cette exposition, dont Benjamin Stora est commissaire général, a pour but de contribuer au vivre ensemble, a déclaré Sébastien Gökalp, directeur du Musée.

Cliquez ici pour lire un article du Times of Israel sur cette exposition : quand une très belle expo fait œuvre d’utilité publique.

Nouvelles lectures

  • Le sens des limites, par Monique Atlan et Roger-Pol Droit

De tous côtés, nous vivons une crise des limites, celle des ressources énergétiques, des moyens d’imaginer l’avenir, des possibilités d’action. Et si, pour en sortir, l’idée même de limite était à repenser ? Abolir ou renforcer les frontières, poursuivre une expansion sans fin ou imposer de nouvelles normes écologiques, respecter ou transgresser la distanciation physique liée à la Covid, instaurer ou non une limitation de vitesse à 80 km/h.. Partout les limites font débat. Entre ceux qui souhaitent les effacer et ceux qui veulent les renforcer, l’impasse est totale. Monique Atlan et Roger-Pol Droit revisitent cette notion plus sérieusement que Georges Colomb qui, bien avant la nomination de notre première ministre, disait dans la Famille Fenouillard : quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limite

Licenciée en droit, diplômée de sciences po et de langues orientales, Monique Atlan est journaliste. Avant d’être rédactrice en chef et productrice à France 2, elle a été chargée de la culture sur la même chaine et de la rubrique livres de Sciences et Avenir. Né en 1949 à Paris, Roger-Pol Droit est philosophe et journaliste.

Editions de l’Observatoire, 2021, 256 p.

  • Charly que j’ai connu, par David Bensoussan
Charly Bouganim

Le film Mizrahim, Les oubliés de la Terre promise (notre lettre du 10 juin) a été dédié par sa fille Mikhale à Charly Bouganim, ami d’enfance de David Bensoussan, avec lequel il avait participé à de nombreux camps et voyages des Éclaireurs israélites du Maroc. Cliquez ici pour lire la suite de l’histoire.

Né en 1947 à Essaouira, ancien président de la Communauté séfarade unifiée du Québec, David Bensoussan a écrit de nombreux ouvrages scientifiques et historiques (notre lettre du 23 juillet 2021).

  • Les juifs au Maghreb, mélanges à la mémoire de Jacques Taïeb, par Ariel Danan et Claude Nataf

Spécialiste du judaïsme maghrébin dans lequel il est né, Jacques Taïeb (1932-2011) a consacré de nombreux travaux à mieux faire connaître la destinée de ces communautés, prises dans la tourmente de l’Histoire, balancées entre les langues et les appartenances sociales et politiques, et qui contribuèrent largement à dessiner les contours d’une méditerranée plurielle, balayée par les grands exodes qui ont suivi les décolonisations.

Ses collègues et amis ont voulu lui rendre hommage à l’occasion d’une journée d’études organisée par la Société d’Histoire des Juifs de Tunisie, dont il fut le co-fondateur, et en partenariat avec l’Alliance israélite universelle et la Société des Études Juives aux travaux desquelles il collabora régulièrement. Se dessine alors, à travers ce volume, un « être juif au Maghreb » tel qu’il a pu s’élaborer au cours des vingt-quatre siècles de présence des Juifs sur les terres qui vont de la Cyrénaïque (l’actuelle Lybie) aux rives chérifiennes de l’Atlantique.

Ariel Danan est directeur du Département culturel et responsable de la communication d el’Alliance israélite universelle. Claude Nataf est historien. Il a été Président de la Société d’histoire des Juifs de Tunisie. Il a organisé plusieurs colloques internationaux sur l’histoire des Juifs de Tunisie et du Maghreb.

Editions de l’Eclat, 2015, 256 p.

  • Simone Veil, la cause des femmes et des enfants, par Dominique Missika

Simone Veil est l’auteur de la loi de 1974 légalisant l’interruption volontaire de grossesse. Son courage et sa détermination en font une icône que les Françaises ne cesseront de remercier. Elle disait : … je le dis avec toute ma conviction : l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue.  Mais qu’en est-il aujourd’hui, après tous les assouplissements apportés à la loi depuis 1974 ? Alors que, suite à une décision récente de la Cour suprême des USA, certains préconisent d’inscrire le droit à l’IVG dans notre Constitution, sans s’inquiéter de voir la démographie française en berne. Mais qui se soucie de l’intérêt supérieur de la Nation ?

Née à Avignon en 1955, Dominique Missika née Dabbah est éditrice et productrice à France Culture et ancienne rédactrice en chef de la chaîne Histoire. Elle a écrit de nombreux livres sur la France sous l’Occupation, dont Le Chagrin des Innocents (1998), Petit Louis, histoire d’un héros de la Résistance (2002), Berty Albrecht (2005), Je vous promets de revenir, le dernier combat de Léon Blum (2009) et Résistantes 1940-44 (notre lettre du 23 octobre 2021).

Seuil, 2022, 200 p.

Courrier des lecteurs

Cher Hubert, je ne suis pas choqué que la newsletter du MUSSEF privilégie les nouvelles relatives à des Juifs séfarades. C’est la loi du genre. Mais parfois tu dérives. Tu écris dans ta lettre du 24 juin : Deux candidats séfarades, Yonathan Arfi et Ariel Amar, sont en lice pour succéder à Francis KalifatIl est loin le temps où le Crif était dirigé par des Rothschild, des Klein, des Hadjenberg ou des Cukierman ! Imagine la phrase suivante : « Jacques Dupont et Jean Durand sont candidats pour succéder à Pierre Martin à Matignon. Il est loin le temps où étaient nommés premier ministre des Blum, des Mayer ou des Mendes France (voire une certaine Elisabeth). » AC

C’est une lettre magnifique. J’ai totalement apprécié le film (Tu boca en los cielos), même si je ne viens pas d’Afrique du Nord. Il y a tellement de ressemblance entre haketia et le judeo espagnol de Salonique ! Merci. Amicalement. CC.

Merci de vos encouragements et bonnes lectures !

Hubert Lévy-Lambert, Président fondateur d’Amussef

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