Après Stéphane Benayoun, Bernard Bensaïd, Charles Canetti, Ronald Cicurel, Nicole Cohen-Addad, Denis Cohen-Tannoudji, Paul Dahan, Yves Dana, Mireille Hadas-Lebel, Hervé Kabla, Yehuda Lancry, André Lévy-Lang, Sylvaine Messica, Fred Scetbon-Didi et Ariel Wizman, regardez l’interview de Jacques Attali sur notre chaine Youtube

Photo JM Gourdon

Né en 1943 à Alger, Jacques Attali est polytechnicien (X 63), ingénieur des mines et énarque. Il a été conseiller spécial de François Mitterrand à l’Elysée. Il a fondé de nombreuses institutions dont Action contre la faimEureka, la BERD et Positive Planet. Il a présidé la Commission de réforme de l’enseignement supérieur (1997) et la Commission pour la libération de la croissance française (2008). Il a publié plus de 80 essais, biographies et romans, traduits en 22 langues. On lui doit notamment L’année 1492 (1991), Les juifs, le monde et l’argent (2003) ou le Dictionnaire amoureux du judaïsme (2009). Il est également éditorialiste à l’Express et chef d’orchestre.

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Pèlerinage de la Ghriba

Le pèlerinage de la Ghriba, qui a lieu chaque année à Lag Ba’Omer, a lieu du 25 avril au 2 mai. Il avait été annulé en 2020 en raison de la pandémie. Selon le « Times of Israël », l’ancien ministre du Tourisme René Trabelsi, lui-même juif, y est allé avec une vingtaine de touristes français. Il a déclaré que, malgré les restrictions, les pèlerins pouvaient toujours accomplir leurs prières. Cette année, nous prions pour le monde entier, a-t-il ajouté.

Ecrivaines juives de Tunisie, avec la SHJT

Table ronde organisée par la SHJT dimanche 9 mai de 14 h 30 à 17 h 30 sur le thème « émancipation, témoignages et contribution à la littérature tunisienne des XXème et XXIème siècles.

Relations France-Algérie, retour sur le rapport Stora

Nous vous avons présenté nos observations sur le rapport Stora (notre lettre du 27 mars). Jean-Pierre Lledo, dont nous avons présenté Le voyage interdit (notre lettre du 27 février)  en a fait une critique très fouillée en 5 parties dans la Revue politique et parlementaire du 8 au12 février 2021, dont voici l’introduction :

Avant toute chose, il me semble nécessaire de dire que je ne suis pas historien, mais cinéaste ; que je suis né comme Benjamin Stora en Algérie, trois ans avant lui ; que tout comme lui, je suis juif, mais contrairement à lui uniquement par ma mère ; que je n’ai quitté l’Algérie dont j’ai encore la nationalité, qu’en 1993, chassé par le terrorisme islamique du FIS-GIA ; que j’ai été un militant communiste partisan de l’indépendance de l’Algérie ; que dans cette Algérie indépendante, j’ai toujours été un contestataire ; que j’ai été en quelque sorte excommunié à partir du moment où je me suis posé la question du « pourquoi ? » de l’exode massif des non-musulmans en 1962, et que mes films, réalisés à partir de la France, m’ont mené à l’évidence que c’était le projet nationaliste même qui excluait toute mixité ethnique. Le point d’orgue étant la censure de mon film Algérie, histoires à ne pas dire par les autorités algériennes en 2007, et, plus grave encore, ma condamnation par mes anciens « camarades »… Voir la suite1ère partie 2ème partie 3ème partie 4ème partie 5ème partie

Adieu à Alber Elbaz !

Né à Casablanca en 1961, Alber Elbaz a fait son alya à l’âge de 8 mois. Diplômé du Shenkar College  de Tel Aviv (1982-84), il part aux USA et travaille avec Geoffrey Beene puis Krizia (1985-92). Il s’installe en France en 1996 comme directeur de création de Guy Laroche puis passe en 1998 chez Saint Laurent rive gauche avant de devenir en 2001 directeur artistique de Lanvin, où il reste jusqu’à son éviction en 2015.

Il est mort le 24 avril de la Covid-19. Il avait habillé des personnes aussi différentes que Kim Kardashian pour la couverture de Vogue ou la souris Minnie pour un fashion show de Disneyland Paris ! Il venait de lancer en 2019 avec Richemont le nouveau label de mode AZ Factory.

Racontez votre histoire !

Les survivants de l’exil des pays arabes et musulmans vieillissent et disparaissent inexorablement. Ils doivent livrer le récit de leur vie passée et de leur déracinement. De plus en plus rares, ils sont d’autant plus précieux. Et indispensables pour faire œuvre de transmission. Avec votre aide, nous pouvons conserver leur histoire. Contactez-nous !

Envoyez votre candidature

Nous aurons quelques postes à pourvoir au sein du bureau de l’association lors de la prochaine assemblée générale. Si vous êtes intéressé, envoyez-nous votre CV et une lettre de motivation. (Vous devez être à jour de votre cotisation). Merci d’avance.

Et cultivez-vous avec ces livres

The Grandees, America’s Sephardic Elite, par Stephen Birmingham

En 1654, vingt-trois familles juives séfarades arrivent à New Amsterdam (aujourd’hui New York), exilées de leur patrie par Ferdinand et Isabelle. Petite communauté fermée, ces Séfarades s’établissent bientôt comme hommes d’affaires et financiers, gagnant une grande richesse. Ils deviennent des forces puissantes dans la société, avec certains, comme le banquier Haym Salomon, fournissant même un soutien financier à l’armée de George Washington pendant la Révolution américaine. Pourtant, malgré son rôle majeur dans la naissance et la croissance de l’Amérique, ce groupe extraordinaire est resté pratiquement impénétrable et inconnu du grand public.

Longtemps bestseller aux USA, The Grandees plonge dans la vie des Séfarades et leurs réalisations. Birmingham révèle comment ces familles, avec des descendants comme la poétesse Emma Lazarus, la fondatrice du Barnard College Annie Nathan Meyer et le juge benjamin N. Cardozo de la Cour suprême, ont influencé et continuent d’influencer la société américaine.

Diplômé de la Hotchkiss School, Stephen Birmingham (1929-2015) est un écrivain américain d’origine irlandaise. Il a écrit de nombreux livres sur l’upper class américaine, dont des biographies de Jacky Kennedy (1978) et de Wallis Simpson (1981) et la trilogie qui l’a rendu célèbre : Our crowd, the Great Jewish Families of New York (1967), The Grandees (1971) et The Rest of Us: The Rise of America’s Eastern European Jews (1984).

Open road medias, 1971, 396 p.

Les pirates juifs des Caraïbes : l’incroyable histoire des protégés de Christophe Colomb, par Edward Krizler

Cette fascinante saga, qui fut un best-seller aux États-Unis, raconte la fabuleuse histoire de ces Juifs expulsés d’Espagne et du Portugal qui, au XVIe siècle, parvinrent à s’embarquer avec les grands explorateurs pour gagner clandestinement le Nouveau Monde et y devenir de redoutables pirates ! A bord de leurs navires, appelés La Reine Esther ou Le Prophète Samuel, ces aventuriers et leurs enfants – qui continuent de pratiquer leur judaïsme en secret – sèment partout la terreur parmi les galions espagnols. Continuellement persécutés, ils trouvent finalement refuge en Jamaïque, «l’île aux hérétiques», où Christophe Colomb et sa famille offrent asile aux Juifs poursuivis par l’Inquisition.
Entre chasses au trésor, conquête des Amériques et récits d’espionnage, on découvrira dans ces pages une foule de personnages hauts en couleur, comme l’extraordinaire rabbin-pirate Samuel Palache, qui monte encore à l’abordage à 60 ans passés et fonde la première communauté juive d’Amsterdam. Ou les frères Moïse et Abraham Cohen Henriques, deux corsaires partis à la recherche de la mythique mine d’or de Christophe Colomb. On y croise aussi la flamboyante figure d’Antonio-Abraham Carjaval, l’agent secret de Cromwell ; ou encore Sinan, commandant de la flotte de Barberousse en Méditerranée et ennemi juré de Charles Quint.

Historien et journaliste, Edward Kritzler (1941-2010) fut l’un des meilleurs spécialistes de l’histoire de la Jamaïque, à laquelle il consacra des centaines d’articles..

Traduit de l’anglais par Alexandra Laignel-Lavastine, ed. André Versaille, Bruxelles, 2012, 280 p. et Poche, 2017, 384 p.

Villa Jasmin, par Serge Moati

Comme au générique d’un film, Villa Jasmin s’ouvre sur une vieille photographie prise à Tunis. Un homme la regarde et se souvient. Le cliché lui suffit à faire surgir un monde englouti, coloré et joyeux, à reformer le puzzle d’une histoire familiale brisée par l’Histoire. Le narrateur, omniprésent, navigue à sa guise dans le temps et dans l’espace. Il retrouve avec ses parents les jours heureux d’avant sa naissance, l’odeur têtue du jasmin de la Tunisie du Protectorat, la nonchalance de l’avant-guerre. C’est la douce présence de sa mère, Odette, le courage de son père, Serge, un juif, socialiste et franc-maçon. C’est l’Occupation, quand le drapeau nazi flotte sur la villa et qu’un jeune fasciste français règne cruellement sur le pays. C’est la résistance du père, déporté en Allemagne, relâché par miracle et libérateur de Paris. Dans une fresque qui mêle, des deux côtés de la Méditerranée, les collabos de Paris et les combattants antifascistes, les Allemands et leurs victimes, Villa Jasmin dévoile des aspects peu connus de la colonisation et de la Seconde Guerre mondiale. Mais c’est aussi un chant d’amour offert par l’auteur à la mémoire de ceux, exilés du côté de la Mort, qui ne cessent de frapper à la porte des vivants, contre l’oubli.

Serge Moati, né en 1946 à Tunis de Serge Moati, journaliste d’origine livournaise (Grana) et d’Odette Scemama, d’origine twansa, est journaliste et documentariste. Il a travaillé surtout pour la télévision mais a aussi été scénariste, producteur de cinéma, acteur et écrivain. Villa Jasmin raconte l’histoire de sa famille. Il y revient dans son dernier ouvrage, Lettre à Anita (2020), où il s’adresse à sa petite-fille et s’interroge sur la notion de transmission.

Livre de poche, 2005, 373 p.

Une diversité menacée, par Joseph Yacoub

Sous-titré « Les Chrétiens d’Orient face au nationalisme arabe et à l’islamisme », ce livre rappelle que les chrétiens d’Orient sont menacés. Alors que notre monde est fait de diversité ethnique, culturelle, linguistique et religieuse, le Moyen-Orient se vide de cette richesse et se prive d’un apport essentiel pour favoriser la compréhension entre les groupes et les minorités. Mais pourquoi en est-on arrivé là ? Comment cette diversité a-t-elle été gérée, voire malmenée dans le monde arabe ? Que dire d’un tel drame ? À travers des rappels historiques indispensables, Joseph Yacoub cible deux menaces principales. Dans sa volonté d’arabisation à outrance, le nationalisme arabe, fût-il laïcisant, s’est montré par choix idéologique peu respectueux des chrétiens, comme on l’a vu en Syrie et en Irak. À cela s’est ajoutée la montée d’un islam radical et violent, dont les nouvelles formes atteignent l’Occident même. Face à cette tragédie qui rappelle à maints égards le génocide de 1915, qui toucha Assyro-Chaldéens-Syriaques et Arméniens, il s’agit tout à la fois de comprendre et de suggérer quelques pistes concrètes en termes d’alternative pour que survive ce christianisme autochtone et apostolique, fortement enraciné et universel, riche de culture et de modernité.

A l’occasion du 106ème anniversaire du génocide arménien, l’auteur se félicite de sa reconnaissance par Joe Biden, tout en regrettant l’omission du génocide assyro-chaldéen. On regrettera qu’il se garde de procéder à un parallèle avec la disparition des communautés juives des pays arabes au milieu du siècle dernier. Comme l’a bien dit Susan Adelman, Après samedi vient dimanche (notre lettre du 22 décembre).


Joseph Yacoub, né en Syrie en 1944, est d’origine assyro-chaldéene. Professeur honoraire à l’Université catholique de Lyon, il y a enseigné les sciences politiques et a été le premier titulaire de la chaire UNESCO « Mémoire, cultures et interculturalité ». Il a publié de nombreux ouvrages dont Qui s’en souviendra ? (2014) et Oubliés de tous, les Assyro-Chaldéens du Caucase (avec son épouse Claire, 2015).

Salvator, 2018, 212 p.

Jacob, Jacob, par Valérie Zenatti

Dans Jacob, Jacob, Valérie Zenatti relate l’histoire des Juifs d’Algérie à la fin de la seconde guerre mondiale, à travers l’histoire de Jacob et de sa famille. Jacob, jeune juif de Constantine, est la fierté de sa mère Rachel. Par son sourire, ses chants, sa générosité, lui seul apporte de la gaîté au sein de la famille Melki, où trop souvent résonne la fureur du père. Mais Jacob est enrôlé en juin 1944. Comme lui, des juifs et des musulmans se battent sur le sol français pour libérer un pays qui n’est pas toujours juste envers eux. La famille de Jacob attend son retour avec impatience. Mais la nouvelle de la mort du jeune homme ouvrira une blessure impossible à refermer.

Née en 1970 à Nice de parents originaires d’Algérie, Valérie Zenatti a passé quelques années en Israël. Elle est agrégée d’hébreu, écrivaine, scénariste et traductrice. Elle a notamment écrit des romans pour la jeunesse et traduit en français l’œuvre d’Aaron Appelfeld. Jacob, Jacob a eu le prix du livre Inter 2015.

Points (poche), 2016, 182 p.

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Le MUSSEF s’est donné comme devoir d’entretenir la mémoire des juifs du monde séfarade, méditerranéen et oriental, exilés au milieu du siècle dernier. Sa raison d’être est de raconter leur histoire et leur souffrance et d’en faire un exemple universel d’ouverture et de tolérance. Cliquez ici pour plus de détails sur ce magnifique projet.

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Merci d’avance et bonne santé !

 Hubert Lévy-Lambert, Président d’Amussef

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1 Comment

Visionnez l’interview d’Elliot Malki ! – AMUSSEF · 9 mai 2021 at 19 h 03 min

[…] son père Serge sur arte.tv du 14 mai au 13 juin. Nous avons parlé dans des lettres récentes de Villa Jasmin et de Lettre à […]

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